• Myriam Bendhif-Syllas

Joséphine et la tribu arc-en-ciel



« Une étoile noire, dans la nuit noire… c’est comme de la magie, et ça rime avec espoir. »

La lumineuse Joséphine Baker nous est ici présentée dans un récit dense mais accessible, vivant et enlevé, soutenu par les illustrations pleines de peps réalisées par Camille de Cussac. La vie de cette grande dame est présentée sous toutes ses facettes : des plus joyeuses aux plus douloureuses ; sans masquer, sans édulcorer. L’authenticité affleure sous les mots et à travers les images.

L’enfance pauvre de Joséphine où son talent, sa joie naturelle s’épanouissent déjà, son ascension fulgurante à Paris, en Europe, les difficultés terribles à être reconnue en tant qu’artiste dans son propre pays où règne la « guerre de couleur », son travail d’espionnage au service de la France alors en guerre, la création de sa tribu « arc-en-ciel » et l’utopie d’un lieu où l’amour et non la couleur de peau sera roi, sa participation à la lutte pour les droits civiques, la faillite, les derniers chants du cygne noir. Le talent, la beauté, la grandeur d’âme, la détermination d’une personne qui ne s’est laissée arrêter par rien.





Je retiens les rencontres avec des personnalités comme de Gaulle ou Martin Luther King, les grands artistes parisiens des années 1920-1930 mais aussi tous les visages de ces inconnus en lutte, en admiration, en recueillement qui montrent à quel point Joséphine Baker a été une femme tournée vers les autres, une femme devenue star mais sans jamais se couper des gens les plus simples.

J’ai appris beaucoup dans ce petit livre qui a tout d’un grand et les lecteurs jeunes et moins jeunes y trouveront inspiration et élan. L'éditeur préconise de proposer cette lecture à partir de 6 ans.

Certes il est nécessaire aujourd’hui de mettre en lumière les destins de femmes d’exception et de faire en sorte que le matrimoine soit honoré autant que le patrimoine, pourtant cette collection associe hommes et femmes, et c’est tout aussi important pour montrer qu’il y a non seulement des « Grandes Vies » mais des « Grandes Vies » quel que soit le genre, la couleur, l’origine sociale et culturelle.

Joséphine Baker, Alice Babin et Camille de Cussac, Gallimard jeunesse, collection « Les Grandes Vies », 2021.

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